Il était une fois... une tragique histoire d'amour, celle de Marguerite d'Autriche et de Philibert de Savoie, que la mort a trop tôt séparés. De cette tragédie est née au XVIème siècle le Monastère royal de Brou, chef d'œuvre de l'art gothique flamboyant ; une église et trois cloîtres qui abritent aujourd'hui un musée d'art.
La façade du Monastère royal de Brou au coeur de son parc
Il était une fois, l'histoire de Marguerite d'Autriche, princesse que le destin n'a pas épargnée. Petite-fille de Charles le Téméraire et fille de l'empereur Maximilien d'Autriche, Marguerite d'Autriche a 3 ans lorsqu'elle est mariée au dauphin de France, le futur Charles VIII puis répudiée à l'âge de 11 ans, au profit d'Anne de Bretagne. A 17 ans, elle part pour l'Espagne pour devenir l'épouse de Don Juan de Castille qui décèdera après 6 mois de vie commune. Deux ans plus tard, c'est Philibert Le Beau qui sera choisi parmi les nombreux nouveaux prétendants et le couple vivra quelques années de grand bonheur. Malheureusement, Philibert décède à l'âge de 24 ans, des suites d'un refroidissement contracté lors d'une partie de chasse. La princesse est inconsolable et entame un deuil douloureux. L'idée de la construction de Brou fait alors son chemin : il sera le symbole de son amour défunt et la promesse de le retrouver dans une vie éternelle. Il n'aura fallut que 26 ans pour construire ce magnifique chef d'œuvre (ce qui est exceptionnel à cette époque).
Et c'est à Loys Van Boghem que Marguerite d'Autriche va confier la réalisation de l'église, pour abriter sa dépouille ainsi que celle de son défunt mari et de sa belle-mère. Construite de 1513 à 1532, l'église de Brou mélange habillement deux styles : une nef volontairement sobre qui tranche avec la splendeur du chœur, le tout subtilement scindé par un jubé (un des rares subsistant en France) de décoration flamboyante. Le chœur n'est que richesses : stalles finement taillées, gigantesques vitraux colorés, moulures ciselées mêlant « P » et « M », autour de marguerites et de la devise de Marguerite d'Autriche « Fortune Infortune Fort Une », sans oublier les trois tombeaux (avec gisant et transit pour les tombeaux de Marguerite d'Autriche et de Philibert de Savoie), de trois styles différents. Quant aux tuiles vernies du toit de l'église, elles sont un doux rappel aux origines bourguignonnes de Marguerite d'Autriche.
L'intérieur du Monastère royal de brou
Autre élément remarquable à Brou, le monastère, édifié de 1506 à 1512 pour les quelques moines Augustins (une douzaine) chargés de prier pour les personnes enterrées à Brou, comporte trois cloîtres. Chaque cloître répondait à une fonction particulière : le premier était un lieu de transition entre le monde extérieur et la communauté des moines. Il aurait abrité les appartements de Marguerite d'Autriche qui avait prévu de passer le reste de sa vie à Brou, auprès de son défunt mari. Le second remplissait la fonction de lieu de médiation et de promenade et le troisième répondait aux besoins pratiques de la vie monastique. Un musée d'art Aujourd'hui et depuis 1922, le monastère abrite le musée d'art de la ville de Bourg-en-Bresse qui présente un ensemble varié d'œuvres d'art et d'art décoratif du XVème au XXème siècle. Des expositions permanentes sont régulièrement complétées par des expositions temporaires.

Monastère royal de Brou à Bourg-en-Bresse
Office de Tourisme de Bourg-en-Bresse